Bardage bois vertical ou horizontal : quel sens de pose choisir ?

Deux façades identiques, deux essences identiques, et pourtant un rendu qui n’a rien à voir : tout se joue parfois au sens de pose des lames. Vertical ou horizontal, ce choix influence autant le style que la façon dont l’eau ruisselle sur le mur. Voici comment trancher sans se tromper.

La pose horizontale, le grand classique du clin

C’est la pose la plus répandue sur les maisons françaises, celle que l’on associe spontanément au bardage bois. Les lames se posent à l’horizontale, souvent à recouvrement ou à embrèvement, ce qui donne cet effet de clin très reconnaissable. Visuellement, elle tend à élargir le bâtiment et à lui donner une allure plutôt traditionnelle.

Côté chantier, elle présente un avantage concret : un simple tasseautage vertical suffit à créer la lame d’air derrière les lames. La mise en œuvre est donc un peu plus rapide et un peu moins technique que la pose verticale, ce qui pèse souvent dans le devis d’un poseur.

Son point faible tient à l’eau. Posées à plat, les lames retiennent davantage l’humidité aux jonctions, ce qui exige une essence bien choisie. En façade exposée, on part au minimum sur du bois de classe 3 comme le mélèze, le douglas ou le red cedar, purgé de son aubier qui n’est pas admis sur les lames de classe 3 et 4.

La pose verticale, quand la pluie s’évacue plus vite

La pose verticale, parfois appelée à la scandinave, gagne du terrain sur les constructions contemporaines. Les lames dressées créent une ligne de fuite vers le haut qui étire la silhouette de la maison. L’effet est plus graphique et plus moderne que le clin classique.

Son vrai atout est technique : l’eau de pluie ruisselle le long des lames sans stagner, ce qui limite les zones humides et ménage le bois. Bien ventilée et drainée, une façade verticale peut même relever de la classe d’emploi 2, un cran en dessous de la pose horizontale exposée. Plusieurs essences purgées d’aubier s’y posent sans traitement : pin sylvestre, mélèze, douglas, red cedar ou châtaignier.

En contrepartie, elle impose un double tasseautage : une ossature horizontale vient s’ajouter à l’ossature verticale pour garantir une ventilation suffisante de la lame d’air. Le retour d’expérience a montré qu’un simple tasseautage ne ventilait pas assez les lames dressées. Le chantier est donc un peu plus long, et mieux vaut le confier à un poseur expérimenté.

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Le sens de pose selon le DTU 41.2

Quel que soit le sens retenu, la référence reste le DTU 41.2, révisé en 2015. Ce texte encadre la pose horizontale, verticale, en diagonale et à claire-voie, et fixe des règles précises pour que la façade dure dans le temps. Il ne s’agit donc pas seulement d’une question d’esthétique.

Plusieurs exigences reviennent quel que soit le sens des lames. Les voici résumées :

  • Lame d’air ventilée d’au moins 20 mm entre le mur et le bardage.
  • Première lame placée à au moins 20 cm du sol pour éviter les remontées d’humidité.
  • Fixations en inox pénétrant d’au moins 30 mm dans les tasseaux.
  • Simple tasseautage en pose horizontale, double tasseautage en pose verticale.
  • Hauteur du bardage limitée à 28 m, parfois 6 m sur ossature bois selon les cas.

Le choix final dépend donc de trois curseurs : le style recherché, l’exposition de la façade et le budget de pose. Un mur très arrosé par la pluie tirera profit d’une pose verticale, tandis qu’une façade abritée sous un large débord accueillera sans souci le clin horizontal. Dans tous les cas, le respect du DTU conditionne la longévité de l’ouvrage bien plus que le sens des lames lui-même.

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